De Chelsea à Lille, en passant par Milan et la Californie, l’attaquant français a vu sa fiche de paie fondre au fil des ans. Pourtant, son compteur n’a jamais cessé de tourner. Décryptage d’une carrière menée comme un marathon.
Il y a ceux qui brûlent leur carrière à toute allure, et ceux qui la font durer. Olivier Giroud appartient sans l’ombre d’un doute à la seconde catégorie. Passé par Arsenal, Chelsea, l’AC Milan et le Los Angeles FC avant de poser ses crampons au LOSC, l’attaquant tricolore a fait de sa longévité un placement en or : environ 50 millions d’euros de revenus salariaux depuis 2017.
Mais derrière ce total flatteur se cache une trajectoire à contre-courant. À chaque nouveau chapitre, la fiche de paie s’est allégée. On peut y lire un choix assumé : gagner moins pour jouer plus longtemps, et à un meilleur niveau que la plupart de ses contemporains. Retour sur les étapes d’un parcours où la courbe baisse, mais où le total grimpe.
Arsenal, la rampe de lancement : 6 M€ dès le départ
Quand il débarque à Londres en 2012, Giroud sort d’une saison de meilleur buteur de Ligue 1 avec Montpellier, mais n’a pas encore le statut d’une tête d’affiche européenne. Son contrat de départ à Arsenal, 6 millions d’euros bruts par an, dit pourtant déjà beaucoup du pari que les Gunners font sur lui.
Ce premier salaire pose un étalon. Il offre au Français un socle confortable, sur lequel il va pouvoir bâtir, saison après saison, sans jamais avoir à repartir de zéro. Un étalon que Chelsea viendra bientôt dépasser.
Chelsea, le sommet : 110 000 livres par semaine
C’est à Stamford Bridge que la courbe atteint son point culminant. De 2018 à 2021, Giroud perçoit 110 000 livres par semaine, soit environ 6,7 millions d’euros par an. Le bond, en pourcentage, reste mesuré : environ 12 % de plus que son salaire de départ chez les Gunners.
Le vrai luxe est ailleurs, dans la stabilité. Pendant plusieurs saisons, la rémunération ne bouge pas, y compris quand l’attaquant s’installe dans un rôle de joker de luxe. Concrètement, il touche l’équivalent d’environ 129 000 euros chaque semaine, une paie à la hauteur d’un palmarès qui s’étoffe, avec une Ligue Europa en 2019 puis une Ligue des champions en 2021. À sa sortie de Chelsea, son cumul depuis 2017 frôle déjà les 30 millions d’euros.
L’AC Milan, premier virage : le temps de jeu contre le confort
Direction l’Italie, et première vraie baisse. Entre 2022 et 2024, Giroud émarge à 4,5 à 5 millions d’euros par an, soit entre 25 et 33 % de moins qu’à Chelsea. Un recul sensible, mais qui ressemble à un échange très calculé.
À Milan, il troque une partie de son confort financier contre ce qu’un attaquant de son âge réclame avant tout : du temps de jeu et un projet qui gagne. Le Scudetto de 2022 lui donne raison. Dans la balance, un titre de champion d’Italie pèse souvent plus lourd que quelques centaines de milliers d’euros de moins sur le virement mensuel.
Los Angeles, la parenthèse californienne à 3,2 M€
Une saison seulement en Major League Soccer, et un salaire proche de 3,2 millions d’euros, soit environ un tiers de moins que la moyenne milanaise. Le chiffre est le plus bas affiché jusque-là, mais le décor n’a aucun équivalent sur le circuit européen.
Cette escale à Los Angeles ressemble à un sas : un palier qui adoucit la descente entre les salaires de la Serie A et ceux de la Ligue 1, tout en offrant à Giroud une vitrine mondiale. La paie diminue, la visibilité grandit.
LOSC, la maturité : 1,6 M€ et un rang qui reste élevé
À Lille, la tendance s’accentue. Giroud touche 1,6 million d’euros par an, exactement la moitié de sa paie californienne. Rapporté à l’échelle de Chelsea, le contraste saute aux yeux : en une année au LOSC, il gagne un peu plus de douze semaines de son ancien salaire londonien. Par mois, cela représente environ 133 000 euros.
Pourtant, malgré une baisse de près de 76 % par rapport à son sommet, il se classe encore au 5e rang de la hiérarchie salariale lilloise, dans un groupe où l’on retrouve Tanguy Nianzou, Dilane Bakwa et Benjamin André. La preuve que son statut dépasse très largement celui d’un vétéran de passage, et qu’au LOSC, on lui a promis une saison de plus. Et plus si affinités…
L’ÉVOLUTION EN UN COUP D’ŒIL
|
Club |
Période |
Salaire annuel estimé |
Variation vs étape précédente |
|
Arsenal |
Dès son arrivée |
6 M€ bruts |
Point de départ |
|
Chelsea |
2018-2021 |
≈ 6,7 M€ (110 000 £/semaine) |
≈ +12 % |
|
AC Milan |
2022-2024 |
4,5 à 5 M€ |
≈ -25 à -33 % |
|
Los Angeles FC |
Une saison |
≈ 3,2 M€ |
≈ -33 % (sur la moyenne milanaise) |
|
LOSC |
Actuel |
1,6 M€ |
-50 % |
Le grand total : 20 millions gagnés pendant la « décrue »
Au bout du compte, le cumul tourne autour de 50 millions d’euros de salaires depuis 2017. Le calcul est parlant : environ 30 millions étaient déjà dans la poche à la sortie de Chelsea, en 2021. Il restait donc une vingtaine de millions à engranger, et c’est précisément ce que les années de baisse (Milan, Los Angeles, Lille) ont rapporté. Autrement dit, la période où Giroud gagne le moins par saison représente quand même près de 40 % de ses revenus sur l’ensemble de la période suivie.
La leçon est simple. Une carrière se mesure moins à la hauteur de son sommet qu’à la surface sous la courbe. En acceptant de descendre marche après marche, Olivier Giroud a gagné ce que le football offre de plus précieux : du temps, et avec lui, quelques millions de plus.


