Alors que les rumeurs d’un départ hivernal enflammaient la presse espagnole ces dernières semaines, l’avenir de Trent Alexander-Arnold au Real Madrid semble finalement s’écrire en blanc. L’international anglais, arrivé libre de Liverpool l’été dernier, traverse certes une première moitié de saison compliquée marquée par les blessures et un temps de jeu famélique (11 apparitions, une seule passe décisive).
Pourtant, malgré les spéculations sur une possible invitation à quitter le navire merengue de la part d’Álvaro Arbeloa, le Daily Mail révèle qu’aucune consigne en ce sens n’a été transmise au latéral droit. Bien au contraire, plusieurs éléments de fond laissent penser que TAA restera un joueur de la Casa Blanca au moins jusqu’à la fin de la saison. Voici trois raisons qui expliquent pourquoi un départ cet hiver n’est tout simplement pas d’actualité.
#1 Le Real Madrid refuse de juger sur une demi-saison tronquée
La première raison qui plaide pour le maintien d’Alexander-Arnold est d’ordre sportif et stratégique : le club madrilène ne tire jamais de conclusions hâtives, surtout lorsqu’un joueur n’a pas eu l’opportunité de montrer son véritable niveau. Avec seulement 11 apparitions toutes compétitions confondues, dont une majorité en tant que remplaçant, le latéral anglais n’a tout simplement pas encore eu l’occasion de démontrer sa valeur sous le maillot blanc. Les dirigeants du Real savent pertinemment que les blessures ont sabordé son intégration et que son adaptation au football espagnol, plus tactique et positionnel que la Premier League, nécessite du temps.
En interne, la direction sportive souhaite d’abord observer Alexander-Arnold une fois pleinement remis de ses pépins physiques, prévu pour février. Cette période de retour coïncidera avec le sprint final de la Liga et les phases à élimination directe de la Ligue des Champions, moments cruciaux où les effectifs doivent être au complet. Laisser partir un joueur recruté libre, sans même lui donner sa chance sur une séquence de matches enchaînés, irait à l’encontre de la philosophie du club qui mise traditionnellement sur la patience avec ses recrues de prestige. Le Real n’a pas attendu six mois pour abandonner Trent, il compte bien lui offrir un véritable test grandeur nature au printemps.
#2 L’absence d’alternative crédible sur le marché hivernal
La deuxième raison est purement pragmatique : le mercato de janvier offre rarement des opportunités convaincantes au poste de latéral droit, et le Real Madrid le sait mieux que quiconque. Si Alexander-Arnold devait partir cet hiver, le club se retrouverait dans une situation délicate avec Dani Carvajal comme unique option expérimentée à ce poste. Certes, le capitaine madrilène reste une valeur sûre, mais à 32 ans et avec un calendrier surchargé jusqu’en juin, compter uniquement sur lui représenterait un risque majeur, notamment en cas de blessure ou de suspension.
Les solutions disponibles en janvier sont peu nombreuses et rarement à la hauteur des exigences madrilènes. Recruter un remplaçant de qualité au milieu de saison coûterait une fortune, les clubs vendeurs sachant qu’ils sont en position de force face à un acheteur en situation d’urgence. De plus, tout joueur arrivant en cours d’exercice rencontrerait les mêmes difficultés d’adaptation qu’Alexander-Arnold, rendant l’opération contre-productive. Le Real préfère donc conserver sa recrue estivale et lui donner sa chance, plutôt que de s’engager dans une surenchère hivernale hasardeuse qui ne garantirait aucunement de meilleurs résultats à court terme.
#3 La Coupe du Monde 2026 comme motivation personnelle décisive
Enfin, la troisième raison réside dans les ambitions personnelles du joueur lui-même. À quelques mois de la Coupe du Monde en Amérique du Nord, Trent Alexander-Arnold sait que son statut en sélection anglaise est fragilisé : il n’a été convoqué qu’une seule fois depuis l’arrivée de Thomas Tuchel sur le banc des Three Lions. Un départ du Real Madrid cet hiver pour rejoindre un club de moindre standing serait perçu comme un échec retentissant et compromettrait définitivement ses chances d’être du voyage mondial.
Au contraire, rester au Real et réussir sa deuxième partie de saison lui offrirait une vitrine exceptionnelle pour prouver à Tuchel qu’il mérite sa place dans le groupe anglais. Briller avec le champion d’Europe en titre, notamment en Ligue des Champions, aurait infiniment plus de poids qu’une rédemption dans un championnat de second rang. Alexander-Arnold est parfaitement conscient que les regards des observateurs internationaux se tournent vers le Santiago Bernabéu, et qu’une poignée de performances convaincantes sous le maillot merengue pourrait inverser la tendance auprès du sélectionneur anglais.
Cette motivation personnelle constitue un levier psychologique puissant qui pousse le joueur à tout donner pour inverser la dynamique madrilène plutôt que de fuir les difficultés. Le Real compte d’ailleurs sur cet orgueil de compétiteur pour retrouver le meilleur Alexander-Arnold au retour de blessure. L’équation est simple : rester et réussir au Real, c’est garder vivant le rêve du Mondial 2026. Partir maintenant reviendrait à l’enterrer définitivement.
Verdict : patience et ambition au programme
Malgré un début d’aventure chaotique, Trent Alexander-Arnold n’a reçu aucun signal indiquant qu’il ne fait pas partie des plans madrilènes. Entre la volonté du club d’évaluer sa recrue sur le long terme, l’absence d’alternatives viables sur le marché hivernal et les motivations personnelles du joueur en vue du Mondial, tous les feux sont au vert pour un maintien jusqu’en juin. La véritable histoire d’Alexander-Arnold au Real Madrid ne fait que commencer, et elle s’écrira à partir de février, lorsque l’Anglais retrouvera enfin les terrains. Pour le moment, il est bel et bien un joueur de la Maison Blanche, et cela ne devrait pas changer de sitôt.


