Le feuilleton Adrien Rabiot connaît une nouvelle intensité à quelques heures de la clôture du mercato estival. Écarté du groupe professionnel de l’Olympique de Marseille depuis dix jours, le milieu international français attire l’intérêt de l’AC Milan, qui tente d’arracher une signature en proposant un contrat jugé compétitif mais pas forcément supérieur à son package actuel en Provence.
#1 Un différentiel salarial plus complexe qu’il n’y paraît
À Marseille, Rabiot perçoit, selon le site spécialisé Capology, 6,36 millions d’euros nets par an, soit environ 122 000 euros hebdomadaires. L’offre milanaise, relayée par La Gazzetta dello Sport, s’établit dans une fourchette de 5 à 6 millions d’euros nets par saison sur deux ans. Sur le papier, Marseille offre donc une rémunération légèrement plus avantageuse, surtout si l’on considère le haut de la fourchette italienne comme non garantie.
Mais la comparaison brute occulte des éléments fiscaux et financiers déterminants. En France, le régime social et fiscal pèse lourdement sur les salaires des joueurs, même si ces derniers négocient quasi exclusivement en net. En Italie, la loi dite du Decreto Crescita permet à certains joueurs étrangers de bénéficier d’une fiscalité allégée, réduisant l’imposition effective et augmentant le revenu disponible. Ainsi, 5,5 millions nets à Milan pourraient représenter, en termes de pouvoir d’achat, un niveau équivalent voire supérieur aux 6,36 millions nets perçus à Marseille.
#2 La dimension contractuelle : stabilité contre flexibilité
Outre le salaire, la durée et les conditions contractuelles influencent la décision. Rabiot est lié à l’OM jusqu’en juin 2026, avec une valorisation actuelle fixée à 15 millions d’euros par les dirigeants marseillais. À 30 ans, il se trouve dans une fenêtre critique pour négocier ce qui pourrait être l’un de ses derniers gros contrats.
Milan lui propose deux ans fermes, sans option automatique, ce qui offre de la flexibilité mais réduit la visibilité à long terme. Marseille, malgré le conflit actuel, conserve un levier contractuel qui pèse lourd dans l’équation.
#3 Un dossier où les chiffres rencontrent la politique interne
Le choix de Rabiot ne repose pas uniquement sur une logique salariale. L’épisode de sa mise à l’écart à Marseille — consécutif à un incident dans les vestiaires avec Jonathan Rowe — a fragilisé sa position. L’entraîneur Roberto De Zerbi se dit prêt à le réintégrer, mais la direction exige des excuses écrites. Son avenir dépend donc aussi de dynamiques de vestiaire et de gouvernance, souvent aussi décisives que les chiffres eux-mêmes.
#4 Un dénouement imminent
Il reste à peine quelques heures, ce jeudi 28 août, pour que le joueur, son entourage et les deux clubs tranchent. L’OM, qui a officiellement placé Rabiot sur la liste des transferts, ne veut pas brader un actif encore sous contrat. Milan, de son côté, cherche à conclure rapidement une opération qui pourrait être rentable financièrement et sportivement.
Qu’il reste en Provence ou traverse les Alpes, Adrien Rabiot se retrouve au cœur d’un dilemme où la valeur réelle de son contrat dépasse la seule arithmétique du salaire annuel.