Septième de Ligue 1 au moment du départ de Liam Rosenior vers Chelsea, le RC Strasbourg traverse un tournant aussi brutal que décisif. Symbole d’un club pris dans les rouages de la multipropriété, l’entraîneur anglais a quitté l’Alsace en pleine saison 2025-26, laissant derrière lui un effectif jeune, talentueux… mais inégalement exploité.
Si certains cadres regretteront sa méthode et sa stabilité, d’autres voient dans ce changement une opportunité inespérée de se relancer. Avec Gary O’Neil pressenti pour reprendre les rênes, plusieurs joueurs à la peine sous Rosenior peuvent espérer un nouveau souffle. Focus sur cinq profils en difficulté que le futur coach strasbourgeois pourrait remettre au centre du projet.
#1 Lucas Hogsberg : du poids du prix à la quête de sérénité
Arrivé l’été dernier pour 15 M€, Lucas Hogsberg n’a jamais réellement justifié son statut d’investissement majeur. Titularisé à 11 reprises en Ligue 1, le défenseur central danois a souffert dans un système exigeant une relance propre et une lecture du jeu très haute.
Sous Rosenior, chaque erreur semblait peser double, accentuant un manque de confiance visible. Un nouvel entraîneur pourrait revoir l’animation défensive, l’intégrer dans une charnière plus protectrice et surtout lui redonner des repères simples, essentiels pour un joueur encore en phase d’adaptation au football français. À 23 ans, Hogsberg reste un pari loin d’être perdu.
#2 Rabby Nzingoula : le talent brut en sommeil
De retour à Strasbourg après un prêt de douze mois à Montpellier, Rabby Nzingoula n’a quasiment pas existé cette saison : 49 minutes en 4 apparitions, puis le néant. À seulement 20 ans, le milieu défensif a payé une concurrence féroce et un profil jugé trop “brut” par Rosenior.
Pourtant, son volume de jeu et son impact athlétique répondent parfaitement aux exigences modernes du poste. Un coach comme Gary O’Neil, réputé pour valoriser les jeunes joueurs à fort potentiel, pourrait lui offrir un rôle de rotation progressive, voire de dynamiteur en sortie de banc. À condition de lui accorder ce que Rosenior ne lui a jamais vraiment donné : du temps.
#3 Mathis Amougou : victime collatérale de la hiérarchie
Recruté en provenance de Chelsea pour près de 15 M€, Mathis Amougou devait incarner l’avenir du milieu strasbourgeois. Il n’a finalement été qu’un second couteau sous Rosenior, avec deux titularisations seulement en Ligue 1, la dernière datant de septembre.
L’ancien Stéphanois a souffert d’un manque de continuité et d’un rôle flou, souvent utilisé sans véritable responsabilité. Un nouvel entraîneur pourrait capitaliser sur sa qualité de projection et sa propreté technique, en le repositionnant dans un double pivot plus équilibré. Amougou reste un joueur de tempo, pas un simple bouche-trou.
#4 Félix Lemaréchal : de l’oubli à la surprise
Son absence contre Nice (1-1) n’a surpris personne tant Félix Lemaréchal avait disparu des radars : non convoqué lors de six des huit dernières journées. Un déclassement brutal pour un milieu offensif capable de faire des différences entre les lignes.
Sous Rosenior, son profil semblait incompatible avec un système rigide et très structuré. Pourtant, dans un schéma plus flexible, Lemaréchal peut devenir un joueur d’imprévu, précieux face aux blocs bas. Le changement de coach pourrait transformer ce quasi-exilé en joker inattendu de la deuxième partie de saison.
#5 Sebastian Nanasi : l’énigme à résoudre
Recruté pour 11 M€ à l’été 2024, Sebastian Nanasi n’a jamais trouvé son rythme en Ligue 1. Seulement quatre titularisations en championnat, une utilisation plus fréquente en Coupe d’Europe, et surtout une irrégularité chronique dans ses performances.
Le Suédois de 23 ans a pourtant le profil idéal du créateur moderne : technique, mobile, capable de jouer entre les lignes. Sous Rosenior, il a manqué de continuité et de confiance. Un nouveau coach pourrait lui offrir une vraie série de matchs, condition indispensable pour qu’il franchisse enfin un cap et justifie l’investissement consenti.
Un mal pour un bien ?
Le départ de Liam Rosenior a tout d’un coup dur pour Strasbourg. Mais dans un effectif jeune, parfois bridé par une hiérarchie figée, ce changement pourrait agir comme un révélateur.
Hogsberg, Nzingoula, Amougou, Lemaréchal et Nanasi partagent un point commun : ils ont plus montré par éclairs que par constance. Le futur entraîneur aura entre les mains un chantier passionnant, où chaque décision peut transformer des joueurs en perdition… en véritables piliers de la Meinau.
