Depuis cinq saisons dans l’est londonien, le portier français cumule un salaire confortable tout en jonglant entre ambitions sportives et réalités du banc de touche.
Lorsqu’Alphonse Areola a troqué les lumières du Parc des Princes pour les terrains de Rush Green à l’été 2021, peu imaginaient que ce choix révélerait autant les paradoxes du football moderne. À 32 ans, le gardien international français incarne cette catégorie particulière de joueurs : financièrement à l’abri, sportivement en sursis.
#1 Un transfert stratégique… et financier
West Ham a déboursé 9,3 millions d’euros en 2022 pour sécuriser définitivement les services d’Areola après une année de prêt concluante. Un montant modeste pour un gardien de son calibre, reflet d’un marché où le PSG cherchait alors à dégraisser. Le contrat signé jusqu’en 2027, avec une option supplémentaire jusqu’en 2028, témoigne de la confiance initiale des Hammers envers leur recrue.
Mais ce transfert a exigé un sacrifice financier notable : en acceptant 600 000€ bruts mensuels contre 700 000€ à Paris, Areola a consenti à une baisse de salaire de 14%. Sur une année, cela représente un manque à gagner de 1,2 million d’euros. Un choix dicté par la quête de temps de jeu, ressource bien plus précieuse pour un gardien en quête de reconnaissance internationale.
#2 Les chiffres qui révèlent le poids financier d’un remplaçant de luxe
Avec 7,2 millions d’euros annuels, Areola perçoit l’équivalent de 19 726€ par jour, soit davantage que le salaire annuel médian britannique… tous les 24 heures. Ses 138 462€ hebdomadaires le placent dans le top salarial d’un club où les écarts de rémunération reflètent les hiérarchies sportives.
Cette rémunération pose une question stratégique pour West Ham : est-il viable de maintenir un tel salaire pour un gardien dont le statut de titulaire s’effrite ? L’arrivée du Danois Mads Hermansen dans la rotation complique la donne. Chaque apparition d’Areola sur le banc coûte théoriquement au club près de 20 000€ par match non joué.
#3 Entre confort financier et inconfort sportif
La saison 2024-2025 cristallise les tensions inhérentes au statut d’Areola. Son compte en banque prospère tandis que son temps de jeu stagne. Pour un gardien de son âge, chaque match manqué est une occasion perdue de convaincre Didier Deschamps de l’inclure dans le groupe France pour le Mondial 2026.
Le paradoxe est cruel : Areola gagne aujourd’hui plus en une semaine (138 462€) que ce qu’il percevait en plusieurs mois au début de sa carrière professionnelle à Lens. Pourtant, cette sécurité matérielle ne compense pas l’incertitude sportive. Être doublure bien payée à West Ham ou titulaire moins rémunéré ailleurs ? La question hante probablement ses nuits londoniennes.
#4 L’équation Mondiale 2026 : le vrai salaire d’Areola
Au-delà des euros déposés mensuellement, le véritable enjeu financier et sportif se joue sur la scène internationale. Une participation au Mondial 2026, même comme remplaçant de Mike Maignan, décuplerait sa valeur marchande et son attractivité médiatique. Les primes liées à une Coupe du monde, les contrats publicitaires et le prestige associé représentent un capital immatériel bien supérieur à ses 600 000€ mensuels.
Mais pour Deschamps, la logique est implacable : pourquoi sélectionner un gardien qui ne joue pas en club ? Areola se trouve ainsi dans un cercle vicieux où son confort salarial chez les Hammers hypothèque ses chances de briller avec les Bleus.
#5 West Ham, un choix rentable malgré tout ?
Financièrement, le pari londonien reste gagnant pour Areola. Même avec une baisse de salaire par rapport au PSG, il a accumulé environ 21,6 millions d’euros bruts depuis son arrivée définitive en 2022. De quoi voir venir, même si la fin de contrat en 2027 (ou 2028) approche et que les perspectives de prolongation dépendront de ses performances.
Pour West Ham, conserver un gardien expérimenté à ce tarif dans un championnat aussi exigeant que la Premier League reste une opération défendable. Mais jusqu’à quand un club peut-il se permettre de payer un remplaçant 7,2 millions par an ?
Alphonse Areola vit donc un dilemme moderne : celui du footballeur professionnel qui doit choisir entre sécurité financière et épanouissement sportif. À 32 ans, le gardien sait que le temps presse. Son salaire de 600 000€ mensuels ne suffira pas à effacer une carrière internationale inachevée si le banc devient sa résidence principale. La vraie question n’est plus combien il gagne, mais combien il est prêt à perdre pour rejouer.

