Le milieu brésilien renonce à plus de 5 millions d’euros par an pour retrouver Rio. Décryptage d’un choix de cœur qui bouleverse les standards salariaux du football sud-américain.
#1 Un pari financier inversé : quand la passion l’emporte sur le portefeuille
Lucas Paqueta a pris une décision qui défie toute logique économique du football moderne. En quittant West Ham United pour Flamengo, le milieu offensif accepte une réduction salariale de 57%, passant de 8,9 millions d’euros annuels en Premier League à 3,84 millions d’euros au Brésil.
Cette différence abyssale – plus de 5 millions d’euros par an – représente concrètement 422 000 euros mensuels en moins dans son compte bancaire. Pour mettre ce chiffre en perspective : Paqueta abandonne l’équivalent du salaire annuel complet de nombreux joueurs brésiliens… chaque mois.
Pourtant, ce sacrifice révèle une tendance émergente dans le football mondial : celle des joueurs sud-américains en milieu de carrière qui privilégient le retour aux sources et l’épanouissement personnel plutôt que l’accumulation de richesses. À 27 ans, Paqueta dispose encore de suffisamment d’années devant lui pour reconstituer son patrimoine tout en jouant dans un environnement où il se sent pleinement accompli.
#2 L’anatomie d’un salaire record… pour l’Amérique du Sud
Avec 320 000 euros mensuels, Lucas Paqueta devient l’un des joueurs le mieux payé du Brésil. Pour comprendre l’ampleur de cette rémunération dans le contexte brésilien, il faut la décomposer :
- Quotidiennement, Paqueta gagne 10 521 euros, soit plus que le salaire mensuel moyen d’un Brésilien (environ 500 euros)
- Hebdomadairement, ses 73 846 euros représentent le salaire annuel d’environ 15 travailleurs brésiliens moyens
- Mensuellement, ses 320 000 euros équivalent au budget de transfert de nombreux clubs de deuxième division brésilienne
Ce salaire pharaonique pour le Brésil reste pourtant modeste comparé aux standards européens. À titre de comparaison, à West Ham, Paqueta gagnait 749 885 euros par mois, soit 2,34 fois plus qu’à Flamengo. Chaque semaine londonienne lui rapportait 173 050 euros – plus du double de son salaire hebdomadaire actuel.
#3 Le record qui change la donne : 42 millions d’euros, investissement ou pari ?
Flamengo n’a pas seulement battu le record salarial sud-américain, mais aussi le record de transfert du continent avec 42 millions d’euros, surpassant les 40 millions investis par Palmeiras pour Vitor Roque.
Cette somme colossale soulève une question stratégique : Flamengo a-t-il les moyens de cette ambition ? Le club a négocié un paiement échelonné jusqu’en 2028, révélant que même le plus riche club brésilien ne peut pas débourser 42 millions comptant. Cette structure de paiement comporte des risques :
- Si Flamengo traverse une période difficile sportive ou financière, les échéances pourraient devenir problématiques
- West Ham conserve un levier de pression pendant trois ans
- Le club brésilien s’engage sur le long terme sans garantie de retour sur investissement sportif
Néanmoins, cette acquisition symbolise l’ambition retrouvée des grands clubs sud-américains face à l’hégémonie européenne. En ramenant ses stars, le football brésilien envoie un message fort : l’argent ne fait pas tout, et le projet sportif compte aussi.
Conclusion : quand le cœur dicte l’addition
Lucas Paqueta rejoint la liste encore rare des joueurs qui acceptent volontairement une réduction salariale massive pour des raisons non sportives. Son choix rappelle celui d’Alexis Sánchez revenant à l’Udinese ou de Dani Alves retournant à São Paulo en fin de carrière – mais Paqueta, lui, n’a que 27 ans.
Ce retour à Flamengo jusqu’en 2030 pourrait redéfinir la deuxième moitié de sa carrière. S’il mène le club aux sommets continentaux et retrouve la seleção, ce « sacrifice » financier aura peut-être été le meilleur investissement de sa vie – celui du bonheur et de l’héritage sportif.
Car au fond, que reste-t-il d’une carrière après les millions ? Les trophées, les émotions, et les souvenirs. Paqueta a choisi de les collectionner là où son cœur a toujours battu : Rio de Janeiro.

