De l’est à l’ouest avant le cap au sud, la trajectoire d’Amine Gouiri est autant géographique que sportive. Dénominateur commun à tous les clubs qu’il fréquente depuis ses débuts dans le monde du football professionnel : ils trahissent tous d’ambitions, plus ou moins hautes, mais a minima européennes.
Lyon : le tremplin doré à 60 000 euros
Tout a débuté pour l’attaquant de 25 ans, devenu international algérien, dans la pouponnière à talents de l’Olympique Lyonnais. Les Gones sont allés le dénicher non loin à Bourgoin-Jallieu, où il est né et a grandi. Son premier contrat professionnel, prolongé en 2019, lui garantit 60 000 euros brut mensuels – un salaire certes confortable pour un jeune espoir, mais modeste au regard des standards du championnat de France. À titre de comparaison, certains cadres lyonnais de l’époque dépassaient alors les 300 000 euros mensuels.
Mais alors que tout le prédestine à se tailler la part du… lion dans le club qui l’a formé, Gouiri fait un choix audacieux : celui du temps de jeu plutôt que du confort financier immédiat. Une stratégie payante qui fera de lui l’un des rares joueurs à avoir su transformer chaque mutation en véritable bond salarial.
Nice : la première cassure à 110 000 euros (+83%)
Coût de l’opération : 7 millions d’euros. Amine Gouiri s’en expliquera plus tard, justifiant ce départ par sa volonté d’avaler du temps de jeu à un âge encore très jeune, que le GYM lui offrait plus que l’Olympique Lyonnais, alors largement pourvu offensivement et privé de coupe d’Europe cette saison-là.
En passant, Amine Gouiri fait une première bascule financière stratégique : son salaire fait un bond de 83%, passant de 60 000 à 110 000 euros mensuels. Ce doublement quasi parfait marque le début d’une ascension méthodique. Sur la Côte d’Azur, l’attaquant confirme son talent avec 26 buts en deux saisons, établissant sa valeur marchande et son statut de joueur bankable. Cette période niçoise représente également sa première véritable sécurité financière : sur deux ans, il engrange 2,64 millions d’euros brut, soit déjà l’équivalent de trois ans et demi de contrat lyonnais.
Rennes : le grand saut à 220 000 euros (+100%)
De l’OGC Nice au Stade Rennais, la progression s’accélère dans le cadre d’un transfert à 28 millions d’euros – quadruplant ainsi sa valeur en deux ans. Nouveau club, nouvelle explosion salariale : Gouiri double à nouveau ses émoluments pour atteindre 220 000 euros brut mensuels. Ce cap symbolique le propulse dans la catégorie des joueurs les mieux payés de Ligue 1, hors PSG.
Cette période bretonne, bien que sportivemement contrastée, s’avère être la plus lucrative de sa carrière à ce stade : sur deux ans et demi, il cumule environ 6,6 millions d’euros brut. Le calcul est simple mais éloquent : en 30 mois à Rennes, Gouiri gagne autant qu’il aurait mis onze ans à gagner avec son contrat lyonnais initial. La rentabilité du pari niçois se confirme pleinement.
Marseille : l’aboutissement à 270 000 euros (+23%)
Cet hiver, direction l’Olympique de Marseille pour une indemnité de 19 millions d’euros – un montant certes inférieur au transfert rennais, mais qui s’explique par un contexte de marché différent et l’urgence marseillaise de se renforcer.
Avec l’OM, Amine Gouiri s’est engagé sur un contrat de quatre ans et demi, jusqu’en juin 2029. Il lui est payé l’équivalent estimé de 270 000 euros brut mensuels, hors primes – établissant un nouveau record personnel avec une augmentation de 23%. Si cette hausse peut sembler plus modérée que les précédentes, elle prend tout son sens dans la durée : sur l’intégralité de son bail phocéen, Gouiri est assuré d’empocher 14,58 millions d’euros brut, hors primes et bonus.
Le bilan d’une ascension maîtrisée
De son dernier contrat avec l’Olympique Lyonnais à l’actuel au club phocéen, le polyvalent attaquant cumule près de 12,36 millions d’euros brut en salaires sur cinq saisons. Mais c’est surtout la trajectoire qui impressionne : en l’espace de cinq ans, Gouiri a multiplié son salaire par 4,5, passant de 60 000 à 270 000 euros mensuels.
Au-delà des chiffres, cette progression illustre une gestion de carrière exemplaire pour un joueur formé en France. En privilégiant le temps de jeu à Lyon, puis en enchaînant les performances à Nice, Rennes et désormais Marseille, Gouiri a su transformer chaque étape en tremplin salarial. Une leçon pour les jeunes talents : parfois, partir plus tôt rapporte bien plus que rester trop longtemps.
L’évolution du salaire d’Amine Gouiri en carrière
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Club |
Saison |
Salaire mensuel |
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Olympique Lyonnais |
2019-20 |
60 000 euros |
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OGC Nice |
2020-22 |
110 000 euros |
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Stade Rennais |
2022-25 |
220 000 euros |
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Olympique de Marseille |
2025 – |
270 000 euros |

