Annoncé comme imminent, presque acté, le transfert de N’Golo Kanté vers Fenerbahçe s’est finalement enlisé jusqu’à l’abandon. À 34 ans, le champion du monde français semblait pourtant offrir toutes les garanties sportives, comme en témoignent ses quatre matches disputés intégralement en treize jours avec Al Ittihad. Mais derrière ce dossier en apparence simple se cachait une mécanique bien plus fragile. Retour sur trois raisons majeures qui expliquent pourquoi l’opération a fini par capoter.
#1 Un mauvais timing administratif devenu fatal
Le premier coup dur pour le dossier Kanté est venu d’un facteur souvent sous-estimé : le calendrier des mercatos. Alors que le mercato hivernal fermait vendredi en Turquie, celui d’Arabie saoudite se clôturait lundi soir, créant un décalage dangereux. Ce désalignement a transformé un transfert fluide en véritable course contre la montre. Le départ tardif de Karim Benzema vers Al-Hilal a retardé toute la chaîne décisionnelle d’Al Ittihad. Or, le feu vert définitif pour Kanté dépendait directement de ce dossier prioritaire. Si les transactions ont bien été entrées dans le logiciel TMS, le transfert de Youssef En-Nesyri est arrivé hors délai côté saoudien. Sans validation juridique complète, l’édifice s’est effondré, malgré une demande de dérogation restée sans réponse rapide.
#2 Un montage trop complexe pour un joueur de 34 ans
Deuxième raison de l’échec : un montage de transfert excessivement risqué, surtout pour un joueur qui n’était pas au cœur d’un projet de long terme. Al Ittihad avait conditionné le départ de Kanté à l’arrivée d’En-Nesyri. Cette dépendance totale a privé Fenerbahçe de toute marge de manœuvre en cas d’imprévu. Le club turc s’engageait à intégrer Kanté sans certitude sur le profil exact de son futur effectif. En cas d’échec du deal En-Nesyri, l’intérêt sportif de l’opération devenait discutable. Pour Fenerbahçe, investir du temps, de l’énergie politique et des ressources financières dans un dossier aussi instable n’était plus rationnel, surtout avec d’autres pistes disponibles sur le marché.
#3 Une rupture de confiance entre les clubs
Enfin, au-delà des aspects administratifs et sportifs, le transfert a buté sur un facteur clé : la confiance. Le club saoudien n’a jamais apporté de garanties claires sur les délais réels, laissant Fenerbahçe avancer à l’aveugle. Face à l’impatience croissante des supporters, Fenerbahçe a choisi de publier un communiqué ferme, assumant publiquement l’échec et rejetant la responsabilité sur Al Ittihad. En renonçant officiellement au dossier, Fenerbahçe a envoyé un message clair : le club refuse désormais de se plier aux méthodes jugées opaques de certains acteurs du mercato saoudien.
Un immense rendez-vous manqué
Le transfert de N’Golo Kanté à Fenerbahçe restera comme l’exemple parfait d’un deal victime de son propre montage. Entre mauvais timing, dépendances croisées et perte de confiance, le dossier a fini par imploser. Reste à savoir si Kanté, dont la forme physique rassure, quittera réellement Al Ittihad ou s’il poursuivra l’aventure saoudienne, malgré ce feuilleton aux allures de gâchis stratégique.


