Dans les couloirs du Parc des Princes, une guerre des gardiens fait rage, et cette fois, c’est l’argent qui parle aussi fort que les performances. Lucas Chevalier et Matvey Safonov s’affrontent non seulement sur le terrain, mais aussi sur leurs fiches de paie respectives. Entre le Français recruté pour 55 millions d’euros et le Russe arrivé discrètement, l’écart salarial révèle toute la hiérarchie économique du club parisien.
#1 Un rapport salarial de 1 à 2 : Chevalier domine financièrement
La réponse à la question « qui gagne le plus ? » est sans appel : Lucas Chevalier empoche le double de Matvey Safonov. Avec environ 500 000 euros bruts mensuels, soit 6 millions d’euros annuels hors primes, l’ancien Lillois bénéficie d’un statut économique privilégié qui reflète son prix de transfert record pour un gardien français.
En face, Safonov perçoit 250 000 euros bruts par mois, équivalant à 3 millions d’euros sur l’année. Un salaire certes confortable, mais qui le place dans une catégorie inférieure au sein de la hiérarchie financière du PSG. Cette différence de rémunération traduit les ambitions initiales du club : faire de Chevalier le gardien titulaire incontesté, investissement à la clé.
#2 L’investissement Chevalier : 55 millions pour sécuriser l’avenir
Le PSG n’a pas lésiné sur les moyens pour arracher Lucas Chevalier au LOSC l’été dernier. Les 55 millions d’euros déboursés constituent un pari financier majeur, censé garantir la stabilité du poste pour les années à venir. Cette somme colossale justifie naturellement l’écart salarial avec Safonov, recruté dans des conditions bien plus modestes un an auparavant.
Cet investissement massif soulève néanmoins une question cruciale : comment rentabiliser une telle dépense si le titulariat reste contesté ? Chaque match où Safonov brille dans les buts représente, d’une certaine manière, des millions d’euros sur le banc. Une situation qui ne peut laisser indifférents les dirigeants qataris, habitués à voir leurs investissements porter leurs fruits rapidement.
#3 Safonov, le challenger économique qui défie la logique financière
Voilà le paradoxe qui anime actuellement le PSG : le gardien qui coûte deux fois moins cher menace sérieusement la hiérarchie établie. Matvey Safonov incarne ce que les économistes du sport appellent le « bon rapport qualité-prix ». Avec ses 3 millions annuels, il offre des performances qui remettent en question la pertinence de l’investissement Chevalier.
Cette dynamique crée une pression financière supplémentaire sur le gardien français. Non seulement il doit justifier son salaire par ses prestations, mais il doit également prouver que les 55 millions investis n’ont pas été dépensés en vain. Une double contrainte qui pèse lourd sur les épaules d’un joueur censé incarner la sérénité dans les buts parisiens.
#4 Des contrats synchronisés jusqu’en 2029/30
Si les salaires divergent radicalement, les durées contractuelles rapprochent les deux hommes. Safonov est lié au PSG jusqu’en juin 2029, tandis que Chevalier dispose d’une année supplémentaire jusqu’en 2030. Ces contrats de cinq ans, la durée maximale autorisée, représentent un engagement financier total considérable pour le club.
Calculons rapidement : sur la durée de leurs contrats respectifs, Chevalier coûtera environ 36 millions d’euros en salaires (6 ans × 6 millions), auxquels s’ajoutent les 55 millions du transfert, soit 91 millions d’euros au total. Safonov, lui, représentera environ 15 millions en salaires sur cinq ans. Une différence de 76 millions d’euros qui illustre l’ampleur du fossé financier entre les deux portiers.
#5 L’héritage du PSG qatari : quand la concurrence coûte des millions
Cette bataille entre Chevalier et Safonov s’inscrit dans une longue tradition parisienne où la profondeur de banc se paie au prix fort. Sirigu, Trapp, Areola, Buffon, Navas, Donnarumma… Tous ont connu cette cohabitation coûteuse, symbole d’un club où même la doublure bénéficie d’un statut financier enviable ailleurs.
Mais cette fois, l’enjeu dépasse la simple gestion d’effectif. Avec 9 millions d’euros annuels cumulés versés à deux gardiens qui se disputent le même poste, le PSG finance une concurrence qui pourrait s’avérer contre-productive. Aucun club en France n’investit autant dans ce secteur de jeu, et cette particularité parisienne pose une question de fond : jusqu’où peut-on pousser la logique du « luxe sportif » sans compromettre l’efficacité économique ?
La réponse viendra probablement du terrain. Si Safonov continue de convaincre tout en coûtant moitié moins, le PSG pourrait se retrouver avec un actif de 55 millions sur le banc. Une situation que même les ressources qataries pourraient avoir du mal à digérer indéfiniment.


