Le verdict est tombé. L’Observatoire du football CIES a publié ce mercredi sa mise à jour semestrielle du classement des 100 joueurs les plus valorisés au monde, et le constat est saisissant : le football bascule définitivement vers une nouvelle génération. À sa tête, un adolescent barcelonais qui n’a pas encore voté de sa vie mais qui pèse déjà plus que n’importe quel joueur de la planète.
Yamal, une valeur hors-norme
358 millions d’euros. C’est le chiffre que le CIES attribue à Lamine Yamal, ailier du FC Barcelone et de la sélection espagnole. Pour mettre ce montant en perspective, c’est davantage que le PIB annuel de plusieurs pays, et plus du double de ce que le Real Madrid a dépensé pour recruter Kylian Mbappé. À 18 ans, Yamal n’est plus seulement une promesse : il est devenu l’étalon du marché. Ses statistiques en Liga, ses performances en Ligue des Champions et en équipe nationale ont convaincu les algorithmes du CIES que sa valeur n’a pas de plafond visible. Reste à savoir si un club aura jamais les moyens, et l’audace, de le faire bouger.
Haaland, la machine qui ne s’arrête pas
À 227 millions d’euros, Erling Haaland confirme qu’il demeure la référence absolue du football de zone, malgré une concurrence de plus en plus jeune. Le Norvégien de Manchester City a encore livré une saison prolifique, et sa capacité à transformer chaque occasion en but lui assure une cote qui résiste à tout. Le CIES lui reconnaît une valeur bâtie sur la régularité, là où d’autres brillent par éclats. À 24 ans, il est loin d’avoir atteint son pic de marché.
Mbappé, une valeur en trompe-l’œil ?
Troisième avec 166 millions d’euros, Kylian Mbappé voit l’écart se creuser avec les deux premiers. La saison madrilène de l’international français a été scrutée à la loupe, et les conclusions sont contrastées. Si son talent intrinsèque reste indiscutable, les attentes placées en lui au Real Madrid n’ont pas été pleinement satisfaites. Sa valeur marchande selon le CIES reflète une légère érosion de son statut de joueur le plus bankable du monde, un titre qu’il a longtemps porté sans partage et qu’un certain Yamal lui a clairement subtilisé.
La France, une mine d’or insoupçonnée
Le vrai enseignement de ce classement est peut-être là : cinq joueurs français dépassent les 100 millions d’euros, et aucun ne s’appelle Mbappé. Michael Olise, qui régale à Bayern Munich avec sa technique déroutante et sa capacité à créer le danger depuis le couloir droit, pointe à la 4e place mondiale avec 140,5 millions. À ses côtés, Désiré Doué (133,2 M€, 6e) confirme que le Paris Saint-Germain a réalisé l’un des meilleurs investissements de ces dernières années en le recrutant. L’ancien Rennais, électrique et imprévisible, s’impose comme l’un des profils les plus recherchés d’Europe.
Plus surprenant encore, Hugo Ekitike pointe au 15e rang mondial avec 118,3 millions d’euros. L’attaquant, qui n’avait pas convaincu à Paris, a su rebondir avec brio et s’est imposé comme l’un des neuf de référence du continent. Sa progression fulgurante interroge : PSG aurait-il bradé l’un de ses joyaux ? Ryan Cherki (30e) et Warren Zaïre-Emery (31e) viennent compléter ce tableau d’une génération française qui n’a pas fini de faire parler d’elle.
Diomandé, la révélation qui affole les grands clubs
S’il fallait ne retenir qu’un nom dans ce classement, ce serait peut-être celui de Yan Diomandé. L’Ivoirien du RB Leipzig a vu sa valeur bondir de 75 millions d’euros depuis janvier, pour atteindre 119 millions. Sur un an, la hausse atteint 116 millions, un record absolu dans ce classement. Milieu de terrain complet, physique et technique, Diomandé est devenu l’objet de toutes les convoitises sur le marché estival. Les grands clubs européens ont coché son nom depuis plusieurs mois, et ce classement ne fera qu’accélérer la surenchère autour de lui.
Bellingham et Isak, les grandes désillusions
À l’autre bout du spectre, deux noms symbolisent les chutes les plus marquantes. Jude Bellingham subit le plus fort décrochage sur un an, avec -113 millions d’euros. Le milieu anglais du Real Madrid, adulé après sa première saison madrilène, a connu une année 2024-2025 bien plus difficile, marquée par des blessures et des performances en demi-teinte. Sa valeur reste élevée, mais l’avertissement est clair : dans le football moderne, rien n’est acquis. Alexander Isak, lui, perd 54 millions d’euros depuis janvier, une chute brutale qui témoigne d’une fin de saison décevante. Celui que Newcastle espère encore conserver voit son image fragilisée par les doutes sur son niveau de régularité.
Un top 10 résolument jeune
Le reste du classement ne fait que confirmer la tendance de fond. Morgan Rogers d’Aston Villa (5e), Kenan Yildiz de la Juventus (7e), Nico O’Reilly de Manchester City (8e), Arda Güler du Real Madrid (9e) et Pau Cubarsi du FC Barcelone (10e) forment un groupe de joueurs nés pour la plupart dans les années 2000, encore en construction, mais déjà jugés comme les actifs les plus précieux du football mondial. La relève n’arrive pas : elle est déjà là.
Ce classement du CIES n’est pas qu’un exercice statistique. C’est le portrait d’un football en pleine mutation, où l’âge n’est plus un frein mais un atout, et où les valeurs s’envolent aussi vite qu’elles peuvent s’effondrer.


