Officialisée dimanche, la rupture à l’amiable entre Karim Benzema et Al-Hilal met un point final à trois ans d’aventure saoudienne. L’occasion de reconstituer, chiffres à l’appui, l’un des plus gros contrats de l’histoire du football exporté vers le Golfe.
Il n’aura fallu que six mois pour que le pari saoudien de Karim Benzema, version Al-Hilal, tourne court. Le club de Riyad a annoncé ce dimanche une séparation « d’un commun accord », saluant au passage le professionnalisme et l’esprit de leadership de l’attaquant de 38 ans. Sur le papier, la formule est cordiale ; dans les faits, elle solde surtout l’un des transferts les mieux rémunérés jamais négociés dans le championnat saoudien — et referme un chapitre qui aura façonné, presque à lui seul, la grille salariale du foot exporté vers le Golfe.
Al-Ittihad, le socle d’un pactole hors norme
Tout commence le 1er juillet 2023, lorsque Benzema quitte le Real Madrid libre pour rallier Djeddah. Le montage financier, lui, n’a rien d’ordinaire : à un salaire de club s’ajoute un rôle d’ambassadeur promotionnel pour l’Arabie saoudite courant jusqu’en 2030, portant l’ensemble à environ 100 millions de dollars par an. C’est ce double statut — joueur et vitrine diplomatique du royaume — qui distingue son contrat de ceux, déjà XXL, signés par ses anciens coéquipiers madrilènes partis dans la même vague.
Resté 946 jours sous le maillot jaune et noir, jusqu’à son départ le 1er février 2026, Benzema y aura empoché, au prorata, environ 259,2 millions de dollars (224 M€). Rapporté à ses 54 buts inscrits en 83 apparitions, cela représente près de 4,8 millions de dollars par but — davantage que le salaire annuel de la plupart des internationaux évoluant en Ligue 1. Sportivement, la période reste pourtant la plus aboutie de son passage dans le Golfe : un doublé championnat-Coupe du Roi, premier de l’histoire du club, et une dernière saison à 16 buts en 21 matchs qui aura fini par précipiter, paradoxalement, son transfert chez le rival honni.
Al-Hilal, l’épilogue le plus cher au jour le jour
Le 2 février 2026, Benzema traverse le royaume pour s’engager avec Al-Hilal, où ses deux contrats — joueur et ambassadeur — lui garantiraient environ 45 millions de dollars annuels. Un montant en retrait par rapport à Al-Ittihad, mais qui, ramené à la durée réelle du séjour, se révèle être le chapitre le plus intense financièrement : sur 210 jours, soit environ 25,9 millions de dollars (22 M€), l’attaquant aura généré près de 123 000 dollars par jour, contre environ 274 000 dollars par jour chez Al-Ittihad — un écart qui tient moins à une baisse de valorisation qu’à la brièveté du passage.
Sur le plan sportif, la rupture n’a rien d’un hasard comptable. Les tensions avec l’entraîneur italien Simone Inzaghi se seraient cristallisées le 14 août, lors du match d’ouverture face à Al-Faisaly : buteur sur penalty, Benzema avait été remplacé à la 70e minute, une sortie mal digérée. Selon la presse espagnole, confirmée en France, un bras de fer s’en est suivi avec la direction du club, avant un accord de résiliation. Bilan chiffré de ce court passage : 16 apparitions, 10 buts, 5 passes décisives et une King’s Cup remportée — soit un rendement à 2,59 millions de dollars par but, le plus élevé de ses trois saisons saoudiennes.
Le grand cumul : 1 156 jours, 285 millions de dollars
Mis bout à bout, les deux séjours dessinent une aventure saoudienne longue de 1 156 jours, pour une rémunération cumulée estimée à 285,1 millions de dollars, soit environ 246 millions d’euros. Ramené à la journée, cela équivaut à près de 246 600 dollars quotidiens — plus que le salaire annuel médian d’un joueur de Ligue 1 encaissé… en une seule journée. Rapportée à l’ensemble de ses 64 buts inscrits sous les couleurs saoudiennes, cette somme représente environ 4,45 millions de dollars par réalisation, et près de 2,88 millions de dollars par match disputé (99 apparitions toutes compétitions confondues).
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1 156 Jours sous contrat |
285,1 M$ Revenus cumulés |
≈ 246 600 $ Moyenne par jour |
Des estimations, pas des relevés bancaires
Ces chiffres, aussi vertigineux soient-ils, demeurent des projections construites au prorata sur la base de salaires annuels estimés et de calendriers contractuels connus publiquement — non des montants réellement versés. Selon les sources et les clauses propres à chaque contrat, les enveloppes annoncées peuvent inclure, ou non, primes à la signature, droits à l’image et accords commerciaux annexes, ce qui peut faire varier sensiblement le montant net perçu par le joueur. Reste un fait difficile à contester : en trois ans, Karim Benzema aura été l’un des symboles financiers les plus voyants de la stratégie sportive du royaume — avant de repartir, à 38 ans, sans contrat mais visiblement sans regret, un retour en Europe étant pour l’heure écarté.


