Marseille compte ses sous, et pour une fois, ce n’est pas une figure de style. Entre les exigences de la DNCG et la volonté affichée de Stéphane Richard de dégraisser sans vendre l’âme du club, chaque ligne du bulletin de paie devient un sujet de conversation. Amine Harit, lui, a choisi de ne rien dire. Mais les chiffres, eux, parlent.
Un été où compter est devenu un sport collectif
Il y a des étés de reconstruction, et il y a des étés de survie budgétaire. Celui de l’OM a clairement penché du second côté. Sous le regard vigilant de la DNCG, la direction phocéenne a dû tailler dans une masse salariale jugée intenable depuis plusieurs saisons, et Stéphane Richard n’a pas caché l’ampleur du chantier : une réduction de 30 à 35 % par rapport à l’exercice précédent, un chiffre qu’il qualifie lui-même d’inédit dans l’histoire récente du club.
Le mercato estival s’est refermé sans la moindre recrue, un choix contraint plus qu’une stratégie assumée. Faute de pouvoir vendre en masse, l’OM a donc changé de méthode : convaincre certains cadres d’étaler leur salaire sur une durée contractuelle plus longue, plutôt que de le réduire brutalement. Trois ou quatre joueurs parmi les plus gros salaires du vestiaire seraient concernés par ces discussions, toujours en cours à l’heure où ce papier est écrit.
Harit, la carte qu’on n’abat pas en public
Amine Harit fait partie de ceux dont le nom revient régulièrement dans ces conversations feutrées. Logique : à 29 ans, sous contrat jusqu’en juin 2027, l’international marocain figure dans le top 10 des salaires du club. De quoi en faire, presque malgré lui, un symbole de l’équation financière marseillaise.
Interrogé sur le sujet, le milieu offensif a botté en touche avec une élégance calculée. « Il y a eu des discussions avec le club. Par respect pour le club, je ne vais pas m’attarder dessus ici », a-t-il glissé, avant de couper court : « Les contrats, on verra plus tard. » Une réponse qui n’en est pas une, mais qui en dit long sur la ligne de conduite adoptée en interne : on négocie en privé, on ne commente pas en public.
Ce choix du silence tranche avec le climat qui entoure le club depuis plusieurs semaines, où chaque prolongation, chaque rabais consenti par un joueur devient une information en soi. Harit, revenu cet été d’un prêt à Başakşehir qu’il juge bénéfique pour sa reconstruction physique et mentale, semble surtout vouloir se concentrer sur le terrain plutôt que sur les colonnes de chiffres.
Ce que touche réellement Amine Harit à l’OM
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Période |
Montant estimé |
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Annuel |
3 300 000 € |
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Mensuel |
275 000 € |
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Hebdomadaire |
63 462 € |
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Quotidien |
9 041 € |
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Fin de contrat |
Juin 2027 |
Estimations hors primes, sur la base d’un salaire brut mensuel de 275 000 euros.
Un chiffre à remettre dans son contexte
275 000 euros bruts par mois, cela représente environ 9 041 euros par jour, week-ends et trêves internationales compris. Rapporté à l’année, on approche les 3,3 millions d’euros bruts, hors primes de match et bonus divers. Un montant conséquent, mais loin d’être une anomalie à l’échelle du football européen, et encore moins à l’échelle de ce qu’a pu toucher Harit par le passé : son salaire est resté globalement stable depuis son arrivée définitive à l’OM en 2022, contre environ 5 millions d’euros versés au Schalke 04, avant un net repli lors de son prêt à Başakşehir la saison dernière.
C’est justement cette stabilité qui interroge aujourd’hui. Formé à Nantes, révélé en Allemagne où il avait fini par toucher un salaire proche de 3 millions d’euros annuels, Harit a rejoint Marseille en 2021 sous forme de prêt avant que le transfert ne soit finalisé un an plus tard pour environ 5 millions d’euros. Depuis, sa rémunération n’a quasiment pas bougé, malgré une saison passée loin du Vélodrome et des pépins physiques à répétition. C’est précisément ce type de contrat, gelé dans le temps, que la direction marseillaise cherche désormais à faire évoluer.
Le vrai enjeu : la durée plutôt que le montant
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’OM ne cherche pas forcément à faire plier Harit sur le montant brut de son salaire, mais plutôt sur sa structure. L’idée avancée par Stéphane Richard consiste à étaler le coût annuel de certains contrats sur une durée prolongée, ce qui allège mécaniquement la masse salariale comptabilisée chaque saison sans forcément réduire les gains cumulés du joueur sur la durée totale de son engagement.
Pour un joueur comme Harit, revenu avec l’ambition affichée de disputer une grande saison, l’équation est délicate : accepter une prolongation aux conditions revues à la baisse pourrait sécuriser son avenir marseillais au-delà de 2027, dans un club où il dit se sentir bien. Refuser reviendrait à jouer sa dernière année de contrat comme une simple parenthèse avant un possible départ libre. Le joueur, fidèle à sa ligne de conduite, n’a pour l’instant tranché ni dans un sens ni dans l’autre, du moins publiquement.
Une chose est sûre : entre les 275 000 euros mensuels qu’il perçoit actuellement et l’image d’un club en pleine cure de rigueur, le contraste alimente les discussions à Marseille. Reste à savoir si le silence de Harit se transformera, dans les prochaines semaines, en annonce officielle, ou s’il restera, comme il l’a lui-même suggéré, une question que l’on tranchera plus tard.

