Alors que les géants européens s’arrachent l’attaquant anglais, l’Olympique de Marseille se frotte les mains : après amortissement, Mason Greenwood ne « pèse » plus que 19,7 millions d’euros dans ses comptes. Une aubaine comptable qui pourrait transformer un transfert en jackpot historique.
Une plus-value potentielle vertigineuse malgré la clause Manchester
Les chiffres donnent le vertige. Acquis pour 31 millions d’euros à l’été 2024, Mason Greenwood affiche aujourd’hui une valeur nette comptable de 19,7 millions dans les livres marseillais. Mais sur le marché ? Entre 40 et 80 millions selon les interlocuteurs. La différence entre ces montants constitue la marge de manœuvre dont dispose Pablo Longoria pour négocier.
Même en tenant compte des 40% reversés à Manchester United sur toute plus-value, l’équation reste favorable. Prenons l’hypothèse d’un transfert à 60 millions cet été : après avoir soustrait les 19,7 millions de valeur nette, la plus-value brute s’établit à 40,3 millions. Manchester récupérerait 16,12 millions (40% de 40,3M), laissant 24,18 millions nets à l’OM. Un bénéfice qui dépasserait déjà 20% de l’investissement initial, en moins de deux ans.
Mais l’OM réclame 70-80 millions, visant clairement une opération à neuf chiffres après la part mancunienne. À 75 millions, la plus-value nette marseillaise grimperait à 33 millions d’euros — soit plus que le coût d’achat total du joueur.
Le temps joue contre l’amortissement… mais pour la valorisation
Voici le paradoxe comptable qui complique la donne : chaque mois qui passe réduit certes la valeur nette de Greenwood dans les comptes (310 000 € d’amortissement mensuel), mais augmente simultanément sa cote sur le marché.
D’ici juin 2026, la valeur comptable chutera encore à environ 19,4 millions. En juin 2027, elle ne sera plus que de 13,2 millions. Plus l’OM attend, plus la plus-value comptable gonfle mécaniquement. Un transfert à 60 millions en 2027 générerait ainsi 46,8 millions de plus-value brute, contre 40,3 millions aujourd’hui.
Mais cette stratégie de l’attente comporte un risque majeur : et si Greenwood se blessait gravement ? Si sa forme s’émoussait ? Le football ne pardonne pas, et un genou qui craque peut transformer un actif à 70 millions en créance douteuse. L’OM marche donc sur un fil : maximiser l’amortissement pour gonfler la plus-value, tout en vendant avant que le joueur ne perde de sa superbe.
Un effet de levier financier pour le fair-play financier
Au-delà du simple profit, cette plus-value potentielle représente un oxygène vital pour la gestion DNCG de l’OM. Dans le football moderne, les plus-values sur transferts constituent l’un des rares moyens légaux d’améliorer instantanément son bilan.
Concrètement, si Marseille encaisse 30 millions nets sur Greenwood cet été, ce montant viendra directement améliorer le résultat de l’exercice 2025-26. De quoi financer deux, voire trois recrues de qualité sans dégrader l’équilibre financier surveillé de près par le gendarme financier français.
Mieux encore : cette manne permettrait d’amortir sur plusieurs années les nouveaux contrats. Un remplaçant recruté 25 millions sur un contrat de cinq ans ne pèserait « que » 5 millions annuels dans les comptes. L’effet multiplicateur est considérable : une vente permet d’acheter plus cher, sur des contrats plus longs, générant ainsi un effectif plus compétitif à masse salariale constante.
La fenêtre de tir idéale : été 2026
Tous les indicateurs convergent vers un scénario optimal : vendre Greenwood lors du mercato estival 2026. À ce moment précis, plusieurs planètes s’alignent :
- La valeur comptable aura suffisamment baissé (19,4M€) pour garantir une plus-value confortable
- La valorisation sportive reste à son zénith après une saison pleine (potentiellement 15-20 buts)
- Les prétendants sont nombreux et variés (Italie, Espagne, Allemagne, Turquie), créant une concurrence favorable
- Le joueur aura honoré deux saisons complètes, rendant son intégration ailleurs moins risquée pour les acheteurs
Attendre 2027 serait jouer avec le feu. Attendre 2028, une folie. Le football moderne ne laisse qu’une fenêtre étroite pour maximiser la valeur d’un actif : celle où le joueur est déjà confirmé mais pas encore sur le déclin.
Le précédent Saliba : quand l’OM transforme le plomb en or
L’histoire récente de l’OM offre un cas d’école similaire avec William Saliba. Formé au club, prêté, puis vendu à Arsenal pour 30 millions en 2019 (avec clause de rachat non exercée), le défenseur français vaut aujourd’hui plus de 80 millions sur le marché. L’OM n’a pas su capitaliser sur cet actif au bon moment.
Avec Greenwood, les Phocéens ont l’opportunité de corriger cette erreur stratégique. À 19,7 millions de valeur nette, l’Anglais représente un actif en appréciation rapide qu’il faut savoir liquider au sommet. Contrairement à Saliba, le timing est maîtrisable : Greenwood n’est pas formé au club, n’a pas d’attachement émotionnel historique, et son avenir en Premier League reste hypothéqué.
L’OM détient donc une carte rare : un joueur de classe mondiale, comptablement rentable, vendable sans remous émotionnel, et désiré par les plus grands clubs. Une configuration qui ne se présente qu’une fois tous les cinq ans dans un club.
Conclusion : 19,7 millions, le chiffre qui fait saliver l’OM
Au soir de cette saison 2025-26, Mason Greenwood vaut comptablement 19,7 millions d’euros pour l’Olympique de Marseille. Mais ce chiffre, loin d’être anodin, représente la clé de voûte d’une opération financière historique. Entre cette valeur nette et les 70-80 millions espérés, se niche un corridor de plus-value qui pourrait redéfinir la stratégie sportive marseillaise pour les années à venir.
Reste une question : l’OM saura-t-il, cette fois, vendre au bon moment ? Ou laissera-t-il filer une nouvelle fois un trésor entre ses doigts ?

